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19 novembre 2019

Être une femme dans l’Informatique

Divers

Audrey-Briffod-femme-IT Suisse

En Suisse, certains domaines d’activités comptent très peu de femmes dans leurs effectifs. Avec seulement 20% de collaboratrices, l’IT est l’un d’entre eux.


À l’heure où la parité est un sujet qui fait débat, nous sommes en droit de nous demander : Pourquoi ce taux est-il aussi faible ? Les femmes sont-elles volontairement exclues des filières spécialisées ? Est-ce une volonté des managers et des employeurs de les écarter ? Fuient-elles le domaine de l’IT à cause d’un manque de considération ?

Pour répondre à ces questions, il faut d’abord se pencher sur le marché de l’IT en général. La Suisse est en effet caractérisée par une pénurie de profils dans les métiers de l’informatique. Les recruteurs sont obligés de « chasser » de potentiels candidats. Il n’est pas rare que des étudiants se voient offrir un poste avant même l’obtention de leur diplôme. Les filières spécialisées sont rares et n’arrivent pas à fournir suffisamment de diplômés. Si nous nous penchons ensuite sur la composition des promotions, nous constatons que le pourcentage de femmes est lui aussi extrêmement bas : environ 15%. Il y a peu de candidats et encore moins de candidates…

Ce déséquilibre hommes / femmes au niveau des effectifs est donc la simple conséquence d’un manque d’étudiantes.


Nous pouvons maintenant nous demander pourquoi ces filières n’attirent pas les étudiantes. Tout simplement parce que les métiers de l’IT ne sont pas bien connus des professeurs et des jeunes. Le stéréotype de l’ingénieur informaticien, frêle et pâle, dénué de vie sociale et planté derrière un écran jours et nuits à débiter du code, est à tort, ancré dans les esprits. Cette vision, très réductrice, est bien loin de la réalité. L’informatique est un domaine très large avec une multitude de métiers, de technologies et de possibilités. Les débouchés sont nombreux et accessibles à tous et à toutes.

Peut-être qu’un beau jour les effectifs deviendront parfaitement mixtes… En attendant, pour la poignée de femmes qui ont déjà choisi de se tourner vers l’IT, il faut savoir s’imposer et faire sa place face à tous ces hommes. Selon les entreprises, c’est une tâche plus ou moins facile…

Je suis une femme et je travaille depuis plusieurs années en SSII, je me suis habituée à évoluer dans cet univers masculin. SERIAL qui m’emploie depuis presque 7 ans, compte 160 collaborateurs (tous domaines confondus) avec seulement une quinzaine de femmes.

Il y a peu, une de mes collègues fraîchement engagée, a interpellé notre Directeur des Ressources Humaines sur le très faible nombre de femmes chez nous, et elle lui a demandé ce qui était mis en place pour rendre les effectifs plus mixtes.
Cette intervention m’a fait réfléchir et je me suis alors demandé si le fait que nous soyons si peu nombreuses était un problème à mes yeux. Après réflexion, la réponse est NON. Avec du recul, ce qui me dérangerait serait de ne pas être traitée sur un même pied d’égalité vis-à-vis de mes collègues hommes, ou de subir des comportements inappropriés.

Certaines entreprises ont cette mentalité. Je parle en connaissance de cause car une précédente SSII pour laquelle j’ai travaillé était de celles-ci: plaisanteries déplacées envers les collaboratrices, écarts de salaires, licenciements au retour de congés maternité, etc.

Aujourd’hui, j’ai la chance de travailler pour une société complètement différente. Chez SERIAL, je ne suis pas considérée différemment parce que je suis une femme, je ne subis pas de discrimination sexiste ou de harcèlement, mon salaire est aligné avec celui de mes collègues hommes, et il y a 4 ans, j’ai vécu ma grossesse sereinement et le retour s’est fait en douceur. Je suis jugée sur mon travail, mon engagement et mes résultats, au même titre que tous les autres collaborateurs.

Heureusement, il existe beaucoup d’autres sociétés qui fonctionnent comme cela.

Donc, oui, nous pouvons être une femme, s’épanouir dans notre travail, mener une carrière dans l’IT et une vie de famille en parallèle. Nous pouvons rencontrer des managers justes et droits qui ne nous font pas regretter d’être nées femmes, même dans un secteur à forte prédominance masculine. L’éducation, le respect et l’intégrité permettent à chacun de pouvoir s’épanouir et travailler dans un environnement sain.

Par Audrey Briffod

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