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7 novembre 2019

Les nouveaux enjeux pour réussir sa Digital Factory

Digital Factory

Enjeux Digital Factory Tranformation Digitale SERIAL Suisse

Selon Forbes [1], 84% des organisations échouent à mener leur transformation digitale. Ce chiffre peut paraître important, voir même disproportionné, et pourtant la majorité des organisations connaissent systématiquement les mêmes écueils lors de leur transformation.

L’obligation de se réinventer

D’abord, le poids de l’existant pèse sur la capacité de l’entreprise à se réinventer. Le passage d’une architecture monolithique, qui s’est construite de façon organique à coup de raccourcis technologiques et fonctionnels, a généré une dette technique telle que celle-ci est devenue incontrôlable. La mise en œuvre d’une architecture plus simple est complexifiée par une approche dogmatique consistant à s’orienter par défaut vers du micro service alors que ses design patterns ne sont pas maîtrisés. La mauvaise évaluation du défi technologique et fonctionnel de la migration fait exploser les coûts et expose le manque de formation des équipes.

De plus, le passage de l’organisation d’un mode de fonctionnement en silo à un mode collaboratif reste compliqué. Alors que les bénéfices de l’agilité ne sont plus à prouver dans les équipes de développement, l’entreprise, elle, n’est pas encore prête à pivoter vers une vraie agilité organisationnelle. Les développeurs se retrouvent coincés entre une infrastructure qui exécute sur un mode « siloté », des processus ITIL vieillissants, et un management qui a du mal à comprendre les nouveaux enjeux d’une approche centrée produit, voir client, au bénéfice d’une approche plus d’arrière-garde orientée projet.

La nécessité d’une équipe produit

L’utilisation d’usines logicielles et de chaînes de développement intégrées ont été bénéfiques pour tendre vers des développements plus qualitatifs et ont permis de contenir la dette technique. Néanmoins la complexité de la transformation digitale nécessite la mise en œuvre d’une véritable « Digital Factory » qui se caractérise par:

  • Une approche centrée produit supportée par des équipes pluridisciplinaires et des compétences transversales;
  • Une culture de l’amélioration continue;
  • De la discipline et du respect, une évidence pas toujours appliquée;
  • Une chaîne de développement intégrée régit par des métriques et des KPIs;
  • Aller plus loin que la simple formation des équipes, mais véritablement faire grandir les collaborateurs et les associer à la stratégie de l’entreprise.

En pratique, dans une Digital Factory, le pilotage du développement devient holistique et collaboratif et tous les acteurs doivent travailler de concert au sein d’une même équipe produit pluridisciplinaire. Sur le terrain, il n’est plus possible d’adresser des problématiques DevOps sans parler de qualité des spécifications fonctionnelles, de sécurité ou d’architecture.

La convergence du DevOps et de l’Architecture

Ainsi, le besoin en architecture n’a jamais été aussi important. La complexité de la tâche de refactoring, nécessaire pour répondre aux nouveaux besoins utilisateurs, requiert une vue 360 de son SI. Les multiples ramifications des différents modules nécessitent de la transversalité dans les équipes et il est indispensable de comprendre les impacts de chaque décision dans un SI global, qui s’étend au-delà des périmètres de l’entreprise. Or l’architecture, telle qu’elle est définie jusqu’à présent, s’accommode mal à ce nouveau défi. Reléguée à sa tour d’ivoire ou en mode recherche et développement intensif et créant plus de problèmes qu’elle en résout, celle-ci est peu adaptée à une approche itérative centrée produit.

Faire cohabiter des temps différents dans un même backlog produit est un des enjeux majeurs d’une Digital Factory. L’architecte de solution, véritable relais de la vision d’architecture et garant de sa complétude et de son implémentation, doit être pleinement intégré aux équipes de développement et œuvrer dans le même temps que les équipes produit.

Ce dernier doit renoncer aux modèles conceptuels qui créent peu de valeur – à l’exception de la donnée qui est un sujet différent – et s’atteler à la définition de modèles physiques qui illustrent les problématiques d’intégration et qui obligent à traiter les contraintes non fonctionnelles. Les sujets tels que la sécurité, l’authentification et les contrôles d’accès entre les composants ou encore les performances et la disponibilité font émerger une architecture globale, souvent évènementielle et asynchrone, et qui met la sécurité au centre des principes d’architecture et de design. Les outils ne sont plus des éditeurs de diagrammes et autres dessins mais des langages de scripts tels que Terraform, AWS Cloud Formation ou des Docker files qui sont exécutés à chaque déploiement et qui rendent l’infrastructure idempotente, réactive et parfaitement alignée avec les besoins fonctionnels.

En faisant converger au sein d’une même équipe plusieurs métiers et en les obligeant à délivrer de concert dans un même pipeline, la Digital Factory incarne un DevOps moderne et exigeant, qui va au-delà de la simple mise en œuvre d’outils d’automatisation, et qui est le véritable moteur d’une transformation digitale réussie.

[1] https://www.forbes.com/sites/brucerogers/2016/01/07/why-84-of-companies-fail-at-digital-transformation/

Par Eric Bianchi

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